prendre conscience de son corps
se sentir exister, vivre, respirer
apprendre à amadouer ses défauts
réaliser que l'on ne connait qu'une toute petite partie du théâtre
tout est nouveau, tout est à apprendre
retourner à l'état de nourrissons
être humble, avant tout...
Ce qui saute aux yeux en premier lieu est que l'emploi du temps est assez chargé, sans compter les nombreuses répétitions pendant les heures de libre. Tous les matins les cours commencent à 9h30 par des activités physiques, le lundi, mardi et mercredi les cours finissent 21h. Cela peut paraître effrayant de passer de 12h de cours à 45h mais ceux-ci sont tellement intéressants que l'on ne voit pas le temps passer.
Chaque cours a pour ambition de développer corporellement l'imaginaire de l'acteur. En usant de techniques variées l'élève-comédien apprend à connaitre son propre corps et à prendre conscience du mouvement. C'est à la fois la conscience de la visibilité/lisibilité de son mouvement pour les spectateurs mais aussi ce que le mouvement procure à l'intérieur du comédien (émotions, images, sentiments...).
Les cours n'ont pas pour finalité une recherche de performance physique sinon une performance artistique, comment utiliser le corps physique pour créer un espace imaginaire. C'est à partir d'un travail rigoureux du corps que l'on peut tendre à la perfection du mouvement.
Intégrer la RESAD directement en troisième année s'apparente à s'immiscer dans la continuation d'un parcours corporel déjà fortement éprouver par les élèves, c'est en cela même que se situe la difficulté. Cependant certain professeurs font part de beaucoup d'ouverture envers les étudiants ERASMUS, les acceptants comme une bouffée d'air pure pour le groupe, permettant d'apporter un nouvel horizon de possible. Bien que l'on commence l'acrobatie et l'escrime en même temps qu'eux, l'adaptation physique risque d'être douloureuse. Il faut garder en tête son propre parcours personnel, considérant le positif que l'on peut apporter au groupe.
L'escrime et l'acrobatie participent à l'entretien musculaire, ainsi nous faisons de l'endurance, des exercices pour se muscler car avant de commencer à faire des figures, il faut d'abord prendre conscience de son corps et le muscler (on nous a ainsi demandé de faire un travail de recherche théorique sur l'anatomie et les différentes blessures bénignes dues à l'entrainement sportif). Nous avons aussi vu les premiers pas de bases en escrime comme la position de garde.
Le cours de technique vocale est vraiment très intéressant car il nous propose d'appréhender notre voix et notre diction sur scène. Ainsi pour nous étudiant étranger cela va nous permettre de progresser sur notre accent. À travers des exercices de respirations, d'ouverture de la gorge, c'est tout un travail pour trouver notre présence vocale sur scène.
Le cours de mime s'articule autour de la méthode Etienne Decroux (qui compte parmi ses élèves, le mime Marceau). L'intégration au cours est assez difficile puisque cela fait trois ans que les élèves la travaille, cependant notre professeur Juan Jo nous a proposé de nous donner des cours de rattrapage. Pour le moment nous travaillons sur la segmentation du corps et la coordination des mouvements. Il y a comme des petites chorégraphies qui servent d'exercices d'échauffement et d'entrainement au début du cour, puis la fin du cour est consacré à un travail d'improvisation corporel à partir d'un thème, l'élève revêt alors une cagoule noir afin que l'on ne puisse pas voir l'expression de son visage, son corps est alors son seul outils de communication.
Le cours de « caracterización » est en fait un cour de pratique du maquillage au théâtre et au cinéma, puis au deuxième semestre nous verrons la construction de masques. Nous avons eu du mal à intégrer le cour car le professeur semblait assez réticent à prendre des ERASMUS. Ce cour me paraît très important pour la continuation de mon parcours professionnel.
Nous n'avons pas encore commencé le cour de chant, je l'appréhende beaucoup sachant que je n'en ai jamais reçu, la professeur d'expression corporelle nous a conseillé de suivre les cours de première année qui commencent dans deux semaines.
J'ai beaucoup de choses à dire à propos du cours d'interprétation gestuelle, ce qui sera l'occasion d'un prochain écrit.
Afin d'avoir une petit entrevue du travail, voici une vidéo de ma professeur d'interprétation (précisons qu'elle a étudié à l'école Lecoq de son vivant et travaillée entre autre avec Ariane Mnouchkine) :
« travailler pour que le corps agissent à la limite de ses possibilités dans l'urgence et l'imaginaire » LECOQ